ROMIEU vient du mot gascon "Roumiou", qui signifie pélerin; ce nom est né en souvenir du moine allemand Albert, qui, revenant d'un pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle, s'arrêta en ces lieux pour y implanter une petite fondation ecclésiastique sur une terre des Seigneurs de Firmacon, Vicomtes de Lomagne, au XIe siècle.
Le village de La Romieu, situé au croisement des chemins de Saint Jacques de Compostelle, possède un patrimoine architectural riche (la collégiale Saint Pierre...).
Actuellement le couvent est un gîte d'étape privé.
Balade :
La Romieu prit véritablement de l'ampleur au XIVe siècle, avec Arnaud d'Aux, issu de la famille d'Armagnac et né au village. Bertrand de Goth, son cousin, devenu pape en Avignon, le nomma évêque de Poitiers et lui confia, outre le titre de camérier (officier du pape), des missions diplomatiques auprès du roi d'Angleterre Edouard II. En témoignage de reconnaissance, ce dernier redonna à La Romieu, possession britanique, le montant des impôts perçus pour financer la collégiale Saint Pierre. Quatorze chanoines s'installèrent dans cet immense ensemble, composé d'une église, d'un cloître, d'un palais et de terres alentours.
Aujourd'hui, il n'en reste qu'une église à nef unique, bordée d'une grande tour octogonale ; une petite tour escalier et une imposante tour carrée qui sert de clocher, tandis que le cloître englobe le rez-de-chaussée du clocher.
Dans le joli petit village blotti au pied de Saint Pierre, on trouve quelques vestiges du palais : de belles maisons anciennes installées dans le mur d'enceinte, la porte principale et une grande bâtisse avec une tour-escalier.
Itinéraire
On pénêtre dans la collégiale par le cloître qui date probablement du XIVe siècle. Il développe quatre grandes galeries à arcades. Les chapiteaux, les colonnettes et les moulures sont assez dégradés car la pierre est tendre mais on trouve ça et là quelques belles sculptures.
La galerie sud s'ouvre sur le portail principal de l'église qui n'a jamais été modifiée. Les quatre travées du vaisseau unique aboutissent à une abside polygonale. La première travée est éclairée de trois roses. Celle du sud et de l'ouest sont rondes alors que celles du nord est curieusement triangulaire et elle est décentrée.
La décoration de l'église est très sobre, les chapiteaux et les clés de voûtes sont sculptés essentiellement de motifs floraux. Un seul chapiteau porte un décor historié avec un troupeau de porc mangeant des glands, gardés par un berger.
La sacristie est merveilleusement ornée de peintures aux couleurs vives. Certaines très étranges comme cette succession de motifs géométriques abstraits ; d'autres au contraire très reconnaissables : anges, musiciens, chanteurs, évêques et dignitaires, le Christ.…
Le sol est lui aussi très beau, avec son carrelage émaillé et très coloré.
La tour octogonale est un peu rude à monter mais elle permet d'accéder à la belle salle capitulaire et à un belvédère joliment ajouré de quatorze fenêtres d'ou la vue embrasse tout les environs de La Romieu.
Balade réalisée par Hélène Lagardère





